jour de neige2

Il fait nuit noire, je suis enfouie sous un monceau de couvertures et j'ai dû retirer mes gants car le tactile et eux ne font pas bon ménage.

C'est le dernier jour avant le printemps et pourtant une tempête de neige a balayé nos certitudes. Les arbres fleuris sont courbés sous le poids de la neige et toutes ces petites fleurs des beaux jours naissants sont enfouis sous le blanc manteau qui les a recouvert.

Il fait froid, il fait nuit, et tout doucement la température de la maison baisse et je lance des injures à ce tout électrique qui me laisse impuissante devant la panne du réseau EDF qui dure depuis quelques heures déjà.

Plus d’Internet, plus de télé, plus de chauffage, plus rien pour faire réchauffer la bonne soupe qui m'attendait pour dîner et qui me ferait du bien. Je boude un peu éclairée par des bougies qui finalement font une lumière tout à fait acceptable. Le silence quelques instants m'a troublé et je me rends compte à quel point nous sommes sollicités en permanence si nous n'y prenons garde.

Dehors la neige donne une clarté irréelle au jardin. Dans la rue passe des roues prudentes. Finalement je serai bien si je n'avais pas si froid aux mains.

Et tout à coup, comme une évidence,  je prends conscience que ces désagréments ne sont rien comparés à ceux  qui vivent dehors et pour qui vont mes pensées en cette froide nuit. La compassion peut faire partie de notre vocabulaire conjuguée à tous les temps de la vie. Que pouvons-nous faire de plus, de mieux ? une belle question à se poser.

Et la question que je me posais sommes-nous assez reconnaissant de tout ce qui nous est donné ? même si parfois il nous en est repris.